NETTETÉ Suite
NETTETÉ Suite
Il arrive très fréquemment qu'un utilisateur de reflex numérique qui change son appareil pour un modèle plus largement équipé en pixels soit étonné d'avoir des résultats variables en piqué.
Quelquefois c'est parfait, quelquefois c'est moyen!
Cette variabilité dans la netteté est significative....
Il s'agit d'un problème de bougé!
EXPLICATIONS:
Ce qui compte ici c'est la résolution linéaire du capteur: par exemple, un capteur de D70 comporte 3000 photosites par ligne horizontale, un D2X 4280. Soit 1,4 fois plus de pixels au mm.
C'est cette différence de densité qui fait que la résolution est plus grande. La dimension du capteur est la même, mais les pixels sont plus petits, plus serrés.
Imaginez maintenant que vous preniez le même sujet avec un D2X et un D70 et que vous bougiez très légèrement pendant la prise de vue, identiquement avec les deux appareils.
Disons un même mouvement angulaire.
Le capteur étant de la même dimension, ce même mouvement angulaire va 'balayer' la même portion du capteur des deux appareils ....mais va concerner 1,4 fois plus de pixels sur un D2X que sur un D70.
Il va, de ce fait, exactement annuler la différence de résolution existant entre le D2X et le D70.
Ceci est surtout sensible lorsqu'on utilise des vitesses d'obturation qui sont à la limite de l'acceptable, car, à ce niveau, avec le D70 , la dégradation est insensible , alors qu'elle sera 1,4 X plus visible avec le D2X.
Et c'est trompeur car il ne s'agit pas d'un flou franc (ce serait visible) mais simplement d'une image "molle", un peu décevante.
Grossièrement un flou se traduisant par un bougé de 1/10e de mm sur le capteur ne permettra de reproduire (au mieux) que des détails plus gros que 1/10e de mm (au niveau du capteur) quelque soit la résolution de celui ci.
Donc il est important de modifier ses habitudes et d’augmenter d'1/3 ou 1/2 la vitesse que l'on utilisait avant dans les mêmes conditions si l'on veut exploiter au mieux le potentiel des appareils mieux pourvus en pixels.
ex: si la vitesse de sécurité * était 1/125e avec un D70, elle devient, en gros, 1/180 de sec avec un D300/D2X
Ceci n'est pas nouveau!
Cette différence existe aussi avec les objectifs que ce soit en argentique ou en numérique, elle est plus intuitive mais souvent peu appliquée: Un très très léger bougé avec un objectif moyen est sans conséquence visible.
le même très très léger bougé peut ramener la résolution d’un objectif d'exception au niveau de celle d'un objectif moyen......
(C’est la raison pour laquelle les tests d’objectifs ne peuvent être faits que sur pied lourd, le plus infime mouvement ou vibration ayant un effet destructeur aux hautes résolutions)
Car dans un "système" (ici ensemble appareil/objectif/capteur/opérateur) la performance finale sera donnée par l'élément le plus faible , dans ce cas l'opérateur
La nouveauté avec le numérique c'est qu'à chaque génération la résolution du capteur augmente,mais l’opérateur reste le même...il doit donc prendre des mesures s’il veut conserver les améliorations de son appareil! ce n'était pas le cas avec les pellicule ou du moins dans des proportions bien plus faibles.

Pour visualiser l’impact d'un même flou de bougé sur des images de résolution différentes, voici un exemple parlant (simulation de mire).
En haut une image, grossie, comprenant à la fois des détails moyens (barres de gauche) et des détails très fins (haute résolution) lignes de droite
En bas on applique un flou à l’image. Résultat les détails moyens sont adoucis, moins nets mais parfaitement identifiables, car l’étalement provoqué par le flou n’a pas comblé les espaces entre les barres, conservant ainsi leur séparation et donc leur visibilité. En revanche les détails très fins sont “gommées” car l’étalement provoqué par le même flou suffit à combler les espaces entre les lignes. Les lignes ne sont plus identifiables.
Résumé: que le flou soit dû au bougé ou à une mauvaise mise au point le résultat est le même: il pénalise d’autant plus l’image que l’ensemble objectif/capteur est de haute résolution.
Ou formulé autrement: un flou de bougé ou de mise au point se comporte comme un filtre de flou utilisé en portrait. Quelque soit la performance en résolution de l’appareil utilisé il ne pourra reproduire une résolution supérieure à celle que laisse passer le filtre! Tous les appareils deviennent égaux derrière lui...
C’est la raison des conseils précédents et suivants.
La tenue de l'appareil

Elle est évidemment plus critique avec un appareil plus dense en photosites, comme évoqué plus haut.
Ce paramètre doit donc être particulièrement soigné:
1/ On doit tenir l'appareil de manière à le caler le mieux possible en donnant à chaque bras un appui (contre le corps) et en maintenant un contact ferme entre l'arcade sourcilière et l'oeilleton.
2/La main gauche se place en appui ferme sous l'objectif.
Conseil pour ceux qui visent de l'oeil gauche: (ceux qui visent de l'oeil droit n'ont pas ce problème):
Plus l'appareil est large (par ex D300 ou D2X) plus on doit prêter attention à augmenter les points d'appuis du dos de l'appareil pour limiter les mouvements angulaires autour du point de bascule que peut créer l'appui unique sur l'oeilleton.
En effet, le moindre mouvement involontaire des mains tend à faire pivoter latéralement l'appareil autour de ce point d'appui qu'est l'oeilleton.
Et comme il y a peu de frein à ce mouvement, il est donc extrêmement pénalisant.
le pouce droit calé entre l'arcade sourcilière droite et le dos de l’appareil (au niveau du bouton "af on" par ex), peut créer ce point d'appui supplémentaire qui empêche tout mouvement de bascule latérale. (une petite adaptation personnelle sera nécessaire pour retrouver un automatisme et un certain confort)
TEST:
En essayant de maintenir un sujet dans le collimateur af de votre appareil, en longue focale, essayez d'appliquer un léger mouvement des mains dans les deux positions (normale, et doigt placé comme indiqué ci dessus pour les gauchers de l’oeil) vous verrez vite la différence d'amplitude du bougé dans le viseur !
Résultats de ces deux types de tenue
Le déclenchement.
Autre point capital!
Ceci est bien sur vrai pour tout appareil, surtout utilisé à faible vitesse d'obturation:
Lorsqu’on déclenche le “doigt dressé” sur le déclencheur, le contrôle sur l’amplitude du mouvement du doigt est faible et il il a déplacement dans le sens vertical et donc mouvement de l’appareil. C’est ‘le coup de doigt’ et le bougé assuré à basse vitesse.
Au contraire, la troisième phalange de l'index doit être en appui sur le pourtour fixe du déclencheur, c'est à dire posée à plat, et non pointe du doigt sur le déclencheur!
Ces deux points d'appui fixes permettent d'éliminer tout mouvement du doigt lors du déclenchement qui se fait alors par pression progressive (!), la pulpe du doigt venant presser et enfoncer le déclencheur sans à coup.
En fait on commence par presser le déclencheur jusqu’au contact cellule, puis le déclenchement se fait par pression légèrement plus ferme, sans aucune course mécanique du doigt. Quelques exercices à vide permettent vite de ressentir le très faible seuil entre le contact cellule et le déclenchement, et donc de trouver la sensation nécessaire pour franchir ce seuil sans aucun mouvement perceptible du doigt.

*vitesse de sécurité: c’est la vitesse minimum à utiliser en fonction de la focale (réelle ou apparente). En 24/36 on conseille d’utiliser une vitesse au moins égale à l’inverse de la focale soit pour un 200 mm: 1/200e de sec.
En numérique aps c il faut tenir compte de la focale apparente soit 200mm x 1,5= 300mm soit 1/300e des sec.
Le systeme de stabilisation (VR)