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Utilisation du système flash Nikon

Depuis quelques années Nikon a introduit un système flash appelé iTTL. Il est actuellement composé des flashes intégrés aux appareils reflex, et des flashes externes SB900, SB600, SB800 (discontinué), SB400, et système macro SB-R200.

TTL:

Through The Lens (à travers l’objectif) indique que la mesure de l’éclair du flash par la cellule spécialisée de l’appareil se fait après passage par l’objectif, tout comme la lumière ambiante. Ce principe, utilisé maintenant depuis des années, est un gage de fiabilité puisque cette mesure correspond alors exactement à la scène cadrée et tient compte des accessoire montés (filtres ou autres) et de la luminosité de l’optique elle même.

Rappel:

La puissance des flashes est le plus souvent exprimée par un chiffre le Nombre Guide (NG). Ce nombre est donné pour une sensibilité de 100 iso et (pour nIkon) pour un angle d’éclairage correspondant à un 50mm)
La connaissance de cette valeur permet en réglage manuel, (le flash part alors en pleine puissance) de calculer le diaphragme à afficher sur l’appareil en connaissant la distance du sujet:


ex: avec un flash de NG=40, si le sujet est situé à 5 m: 40/5= 8 on utilisera le diaphragme f8

 

Principe de la mesure flash Nikon

Flash

Lorsque l’on appuie à fond sur le déclencheur pour prendre une photo, quelques millisecondes avant d’effectuer la prise de vue, le flash émet une série d’éclairs de faible intensité mais de valeur calibrée. La cellule de 1005 zones située dans le viseur reçoit alors la lumière du flash réfléchie par les sujets cadrés. Le calculateur analyse cette lumière et en déduit la puissance d’éclair à délivrer pour exposer correctement le sujet (compte tenu des différents paramètres de réglages de l’appareil (diaphragme, sensibilité). Le miroir remonte alors et l’obturateur s’ouvre permettant l’exposition et le départ de l’éclair principal dosé selon la mesure effectuée.


Equilibre flash/ambiance:

Le système flash Nikon est particulièrement performant en ce domaine. Quelque soit le mode d’exposition de l’appareil, le calculateur est capable d’ajuster de manière équilibrée la part de l’éclairage du flash et celle de la lumière ambiante. Ceci est particulièrement utile lorsque l’on utilise le flash pour “déboucher” des ombres en plein jour, et atténuer les ombres disgracieuses causées par un éclairage latéral du soleil sur des visages par exemple (fill in).
Dans la plupart des cas la seule manoeuvre nécessaire pour effectuer ce type de correction est de mettre le flash en route!

Afin d’affiner encore cette correction et l’adapter aux goûts de chacun ou au type de sujet, on pourra à loisir corriger le dosage de l’éclair en agissant sur le correcteur d’exposition du flash afin d’obtenir un effet plus ou moins discret.


Flash interne:

Il peut rendre service en cas de contre jour pour des sujets proches (portée faible) mais son usage sera vite limité par une lumière ambiante trop forte.

De même, la lumière produite est de faible qualité (champ couvert faible et peu homogène, lumière "dure" due à la taille très faible du diffuseur, risque de masquage partiel de l'éclairage du bas de l'image si l'on utilise un objectif long)...

 

Utilisation du flash en intérieur:

 

On distingue plusieurs cas possibles:

1/ Eclairage d'ambiance très faible ou nul.(et/ou vitesse de synchro standard, 1/60e ou plus)

Les parties de la scène hors de la portée du flash seront complètement noires. Le contraste sera très élevé et peu esthétique.

2/ l'éclairage d'ambiance est exploitable.

Le fait de sélectionner une vitesse synchro mini (1/30e ou moins par exemple) dans le menu flash, lui permettra de n'utiliser que la puissance juste necessaire à un éclairage parfait, il sera donc discret dans l'image, on pourra même le sous-doser volontairement pour améliorer l'équilibre.

Il faut savoir tout de même que même si la vitesse utilisée est assez basse , un bougé éventuel n'affectera vraiment que la partie hors de portée du flash.

En résumé l'idée générale est d'augmenter la sensibilité de l'appareil (400 ou 1600 iso environ selon ambiance), sélectionner une vitesse synchro minimale de 1/15e de seconde environ, et, en mode priorité diaphragme, sélectionner f:4 par ex. On obtiendra des images très naturelles (ambiance plutot chaude sans excès) et cet équilibre sera facilement modifié en jouant sur le dosage de la puissance du flash.

Avec le flash interne on peut aussi appliquer les principes ci-dessus.

Problème

La lumière émise par le flash est différente en couleur de la lumière ambiante. Dans ces conditions selon sa proximité, la teinte du sujet principal sera plus ou moins chaude.

Solution

Avec un SB800 ou SB900, on pourra avec bonheur utiliser le filtre "incandescent" livré en accessoire, sur le diffuseur du flash, et régler la balance de l'appareil en conséquence (le SB 900 s'en charge tout seul). Dans ce cas la lumière du flash ayant une couleur proche de la lumière ambiante l'ensemble de la scène sera très homogène et le flash sera de très discret à indétectable dans l'image.

 

Utilisation du flash en plein soleil

 

Les appareils reflex étant dotés d’un obturateur à rideaux, celui ci ne permet d’opérer au flash que jusqu’à une vitesse maximale de 1/250 e de seconde.(cas des nikon D200, D300, D700, D2x, D3) ou moins (D40, D60, D80, D90).
Lors d’une prise de vue en lumière intense, la vitesse nécessaire pour une bonne exposition peut dépasser ces valeurs. Dans ces conditions la solution pour pouvoir tout de même utiliser le flash (externe) est de sélectionner le mode synchro automatique haute vitesse (auto FP) dans le menu e1 des D300/ D700 ou e5 du D90, qui va permettre d’étendre la gamme de vitesses utilisables jusqu’au 1/8000e de secondes....mais:
Cette extension amène une contrainte. Le mode de fonctionnement du flash dans ce cas fait chuter la puissance de l’éclair proportionnellement à l’augmentation de la vitesse d’obturation:
Jusqu’à 1/250e de seconde 100% de la puissance est disponible
à 1/500e de seconde 50% seulement
au 1/1000e de seconde 25% seulement, etc...
Ceci est donc extrêmement pénalisant en terme de portée utile, mais il faut tout de même relativiser. Dans le cas qui nous occupe (atténuer des ombres disgracieuses sur des visages ou éclairer un sujet à contre jour) les vitesses nécessaires par une ambiance ensoleillée se situeront entre 1/250e et 1/500e le plus souvent. Donc c’est tout à fait gérable surtout si l’on utilise un flash puissant (SB800 ou 900). Il faudra bien sûr rester dans les limites de distances permises affichées par le flash, selon vitesse d’obturation utilisée.

Astuce:

Pour compenser la perte de puissance en mode auto FP dans des conditions de lumière intense, si le sujet à éclairer n’occupe qu’une partie du viseur (cas d’un seul personnage), on peut utiliser une focalisation de la tête flash dans un angle plus étroit que celui de l’optique utilisée. Cela permet en concentrant la lumière émise de gagner en puissance lumineuse. Si le sujet est décentré on peut, en plus, orienter la tête flash dans sa direction.

 

Multiflash TTL

 

On accède à cette fonction intéressante en sélectionnant le mode contrôleur dans le menu flash (e) de l’appareil. Le flash intégré peut alors servir de flash maître pour commander 2 groupes de flashes + le flash maître, qui pourront avoir chacun un réglage indépendant.
Il faut savoir que le flash intégré peut participer à l’éclairage ou ne servir que de contrôleur. Dans ce dernier cas il suffit de paramétrer son mode sur “--”

On peut bien sûr aussi se servir d'un SB800/900 placé sur la griffe accessoire de l'appareil pour commander les flashes distants.

Remarque: Dans certains cas rares, on pourra percevoir dans l'image un petit éclairage provenant du flash interne même s’il a été annulé. En effet il est nécessaire qu’il envoie un très faible éclair juste avant la fin de l’exposition afin de commander la fin de la phase d’éclairage aux autres flashes asservis. Cet éclair, de très faible puissance peut éventuellement se remarquer sur sujet très proche lors de l’utilisation d’un diaphragme très ouvert ou comme petit reflet dans les yeux d’un modèle ou un objet réfléchissant.

 

Si l’on désire totalement éliminer cette possibilité lors de l'usage du flash interne omme contrôleur, il faudra utiliser un petit accessoire, le SG-3IR qui se monte sur la griffe flash et ne laisse passer que la partie infra rouge de l’éclair de commande.(voir ci-dessous)

 

 

 
 
 

 

 
Éviter les yeux fermés des modèles en mode flash ou multiflash TTL

 

Ou comment mémoriser un réglage flash?
Dans le menu "commandes", fonction f5 ou f6 ou f7(selon bouton à utiliser) du D300/700 et f3 ou f4 du D90, choisissez "mémorisation FV"
Puis, en visant le sujet, appuyer sur la touche "fonction"fn située à l'avant de l'appareil (ou la touche choisie). Le flash envoie ses éclairs de mesure, et la mémorise.
Maintenant vous pouvez déclencher autant de fois que souhaité, aucun éclair de mesure* ne sera plus émis et la puissance du flash sera celle qui a été fixée.
Une fois la mesure mémorisée vous pouvez à loisir changer les paramètres de diaphragme ou de sensibilité, l'appareil en tiendra compte!
Ceci jusqu'à ce que vous annuliez la mémorisation par un nouvel appui sur la touche programmée.
Vous pourrez après cette annulation reprendre une autre mesure de la même manière si vous changez de distance/sujet par ex.

* un éclair de fin de cycle sera émis mais en fin d'exposition seulement, il ne gênera pas le modèle

Astuce pour l’utilisation du flash en appoint de lumière en ambiance éclairage incandescent:

Lorsqu’on utilise le flash dans ces conditions, même si l’on choisit une vitesse de synchro assez lente pour prendre en compte la lumière ambiante, les températures de couleur des deux sources étant très différentes, l’éclairage procuré par le flash sur les première plans sera très visible par une couleur plus froide (bleutée) que le fond.
La solution élégante sera d’utiliser le filtre de conversion "lumière incandescente" (rouge orangé) fourni avec les SB800/900.
On l’insère sur le réflecteur du flash et on règle l’appareil sur la balance “incandescent” et on tiendra compte de la réduction de portée provoquée par l’opacité du filtre (-1IL). (le Sb 900, lui, est capable d’informer l’appareil de la présence du filtre et modifie automatiquement l’indication de portée sur l’afficheur du flash).
Ainsi, les deux sources de lumières étant semblables, il sera quasi impossible de détecter l’utilisation du flash dans les images produites.
On pourra de même utiliser le flash en indirect vers un plafond ou un mur blanc .Dans ce cas, compte tenu de la perte de puissance due au trajet plus long de l’éclair et à la perte par réflexion en plus de la perte due au filtre, il sera nécessaire d'augmenter la sensibilité et/ou le diaphragme d’une valeur ou deux.

 

Utilisation des flashes de studio

 

Les appareils 24/36 ou aps c numériques ont souvent une sensibilité minimale de 200iso. Les flashes de studio étant très puissants il faut les utiliser souvent à leur réglage minimum, quelquefois encore trop important si l’on veut utiliser des diaphragme très ouverts...
La seule solution est alors d’utiliser un filtre gris neutre sur l’appareil qui permettra de diminuer la puissance des éclairs.

Remarque importante:

Un phénomène inconnu avec les appareils moyens formats utilisés en studio (50 iso en général) apparaît avec les reflex numériques: selon exposition une dominante rouge plus ou moins prononcée dans les images.
Cela est dû aux lampes pilotes de ces flashes qui sont des lampes à incandescence, donc de température de couleur très chaude.
En effet à 200 iso et même au 1/250e cette lumière est suffisante pour être enregistrée en même temps que celle du flash et créer une dominante indésirable.

voici d’ailleurs le résultat:

Les 3 images sont prises au D700 à 200 iso, 1/250e f5,6, balance des blancs “flash”

A gauche, flash sans lampe pilote
au centre, idem avec lampe pilote (faible halogène 20w)
a droite, flash coupé.

 

dominante lampe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

On voit bien dans l’image de droite que même au 250e à f5,6 la lampe pilote suffit à impressionner le capteur. Ce qui explique la dominante rouge dans l’image du centre.

La raison de la plus forte importance de cette dominante en 24/36 c’est la sensibilité plus élevée des capteurs.
A 50 iso (cas des moyens formats numériques) l’écart est déjà de 2 diaphragme (IL) versus 200 iso.
Et comme le diaph de travail courant en MF est plutôt 8/11 l’écart se creuse encore de 1 à 2 IL vs 24/36 200 iso...
Néanmoins il est fort probable qu’en MF et même à l’état de trace dans l’image, les pilotes doivent avoir un effet léger dans la colorimétrie jusqu’au 250e à 11 (50 iso) où cela devient négligeable (mais pas nul).
Cela pourrait d’ailleurs être utilisé volontairement pour apporter une touche chaude au rendu de flashes trop froids!

 

Cas particulier de l'usage du flash en mode sensibilité automatique

 

(en lumière ambiante faible)

Si l'appareil est réglé en iso auto et que l'on met le flash sous tension, la sensibilité de travail revient à la valeur de base programmée et ne tient plus compte de la lumière ambiante.

Dès lors la sensibilité auto ne s'activera que lorsque les pré-éclairs de mesure du flash lui indiqueront que sa puissance sera insuffisante (compte tenu du diaphragme affiché et de la distance du sujet). Elle sélectionnera alors la sensibilité nécessaire à une bonne exposition de l'éclairage du flash. (Ceci n'apparaitra donc que dans les exifs de l'image prise, donc après la prise de vue effective.)

On peut regretter que Nikon n'ait pas prévu une option permettant de choisir un mode de fonctionnement différent: l'activation du flash ne changerait pas le lien entre sensibilité auto et lumière ambiante. Le flash ne faisant qu'apporter le petit appoint necessaire à une bonne homogénéité de l'éclairage.(mais il est vrai que la variété des éclairages ambiants est telle que souvent l'appareil pourrait sélectionner des sensibilités très élevées inutilement car il n'y aurait rien à gagner en cas de lumière ambiante extrêmement faible)

La solution utilisable pour conserver la lumière ambiante bien visible tout en utilisant le flash consiste à choisir une sensibilité de travail fixe.

Pour cela, mode exposition manuel activé sur l"appareil (M) et flash coupé, on choisit un diaphragme raisonnable en fonction du niveau de luminosité ambiante (f:2,8 ou f:4 par exemple), et une vitesse acceptable pour une prise de vue à la main(de 1/8e à 1/30e de seconde pour des sujets peu remuants.

Puis, en cadrant la scène, on sélectionne une sensibilité de travail permettant, avec ces paramètres, d'afficher une sous exposition de 1 à 3 diaphragmes sur le baregraph du viseur.

Ensuite activation du flash légèrement sous exposé (-1 à -1,5 IL).

On pourra à tout moment modifier le diaphragme, ce qui permettra très facilement de changer l'équilibre flash/ambiance.

 

Si l'on utilise un SB800 ou 900 il sera possible de placer le filtre " incandescent" sur le duffuseur du flash et régler la balance des blancs sur la même valeur. la lumière du flash sera alors identique à l'ambiance, ce qui la rendra très discrète dans l'image.

 

Si on travaille habituellement en mode priorité à l'ouverture et que l'on préfère rester dans ce mode:

1/ Paramétrer la vitesse synchro mini à la limite acceptable (1/15e ou 1/30e est raisonnable au grand angle ou normal)

2/ Activer le mode iso auto et sélectionner 3200 iso en sensibilité maxi.

3/ Sélectionner un diaphragme assez ouvert (f4 par ex)

4/ Viser le sujet (flash coupé) et noter la sensibilité iso affichée dans le viseur

5/ Régler l'appareil (avec la touche iso) à une sensibilité nettement plus faible ( par ex si iso auto indiquait 1600 iso afficher 400 à 800 iso) Ceci permet de sous exposer la lumière ambiante pour permettre un bon équilibre flash ambiance.

6/ Activez le flash et appliquez lui une correction d'exposition de -0,5 à -1,5 IL

Les images seront ainsi bien équilibrées. En cours de prise de vue vous pourrez jouer sur le diaphragme pour donner plus d'importance au flash ou au fond.